Topic-icon Protection contre les UV : une triple stratégie

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il y a 4 mois 2 semaines #435 par admin

Novembre 2020 - Les cancers « kératinocytaires » de la peau c’est-à-dire le carcinome basocellulaire et le carcinome épidermoïde se compliquent très peu souvent de métastases et aboutissent encore plus rarement au décès.  Mais ils conduisent dans la majorité des cas à une intervention chirurgicale avec les conséquences que cela suppose : nécessité des soins infirmiers parfois longs, douleurs, cicatrices visibles… Or du fait du vieillissement de la population, ces cancers sont de plus en plus fréquents. C’est ce qui a incité les autorités de santé à promouvoir la prévention de ces cancers.



 

Novembre 2020 - Les cancers « kératinocytaires » de la peau c’est-à-dire le carcinome basocellulaire et le carcinome épidermoïde se compliquent très peu souvent de métastases et aboutissent encore plus rarement au décès.  Mais ils conduisent dans la majorité des cas à une intervention chirurgicale avec les conséquences que cela suppose : nécessité des soins infirmiers parfois longs, douleurs, cicatrices visibles… Or du fait du vieillissement de la population, ces cancers sont de plus en plus fréquents. C’est ce qui a incité les autorités de santé à promouvoir la prévention de ces cancers.

L’exposition aux ultraviolets du soleil (ou artificiels) est le principal facteur de risque environnemental de ces cancers. On considère qu’une exposition « chronique », c’est-à-dire tout au long des jours de la vie favorise l’apparition des cancers épidermoïdes (le plus « grave » des cancers kératinocytaires), tandis que les expositions « intermittentes telles que des coups de soleil au cours des vacances par exemple concourent plutôt à la survenue de cancers basocellulaires et de mélanomes.

Parmi les quatre catégories d’UV, (UVA1, UVA2, UVB et UVC) ce sont les UVB qui endommagent le plus l’ADN des cellules de la peau. Bien qu’il existe des mécanismes de réparation de l’ADN dans l’organisme, certaines altérations peuvent perdurer et conduire à des mutations qui aboutissent au développement de cellules cancéreuses. Les UVA sont moins dangereux à cet égard mais il est plus difficile de s’en protéger : ils sont moins bien filtrés que les UVB par les vitres d’une voiture par exemple et par les vêtements. De plus ils pénètrent plus profondément dans l’épiderme jusqu’au derme et jouent ainsi un rôle important dans le vieillissement de la peau.

Toutes ces constatations ont conduit les dermatologistes à développer des stratégies pour réduire l’exposition aux UV. Elles suivent globalement 3 axes : lutte contre les comportements à risque, protection vestimentaire et application sur la peau de crèmes solaires protectrices.

Changer les comportements

En 2009, l’organisation mondiale de la santé a classé le bronzage artificiel au même rang que le tabagisme dans les causes de cancer. L’accès des cabines d’UV aux mineurs est désormais strictement réglementé ainsi que les pratiques des instituts concernés. Dans le même temps, les campagnes de santé publique recommandent d’éviter l’exposition au soleil et les activités à l’extérieur entre 10 h du matin et 16 heures. Il a été objecté que les UV étaient nécessaires pour procurer de la vitamine D à l’organisme et permettaient également de combattre les troubles dépressifs saisonniers, mais les autorités de santé répondent que les besoins en vitamine D peuvent être comblés par des compléments alimentaires et que les dépressions peuvent être prévenues par la simple lumière.

Les vêtements offrent évidemment une bonne protection contre les UV mais de niveau variable en fonction de la nature des tissus, les interstices entre les fibres pouvant laisser « passer les UV » de manière plus ou moins importante.

En ce qui concerne les crèmes solaires encore appelées écrans solaires ou photoprotecteurs topiques, elles contiennent soit des molécules organiques qui absorbent les UV soit des molécules inorganiques, c’est-à-dire des substances minérales qui réfléchissent les UV, les premières étant considérées comme moins bien supportées par la peau (risque d’allergie) et les secondes moins cosmétiques (aspect de masque blanc) bien que cela ne soit plus vrai avec les nouvelles formulations. De nombreuses études ont montré que les écrans solaires modernes étaient efficaces pour prévenir à la fois les carcinomes épidermoïdes et les mélanomes. Des progrès ont été faits et les recherches se poursuivent pour mettre à la disposition des utilisateurs des écrans efficaces sur un large spectre d’UV (UVA et UVB voire UVC), agréables à appliquer, contenant le moins possible de substances allergisantes ou concourant à la production de radicaux libres, peu absorbés dans la peau, efficaces avec une seule ou très peu d’applications par jour. A l’heure actuelle, la plupart des crèmes solaires doivent être appliquées toutes les deux ou trois heures et après un bain, bien que certains produits récents contiennent des molécules qui rendent les crèmes solaires « résistantes » à l’eau.

Ainsi, éviter de s’exposer pendant les heures les plus ensoleillées de la journée, proscrire les UV artificiels, se protéger avec les vêtements et/ou des écrans solaires doit-il permettre de réduire considérablement le risque de présenter un cancer de la peau.

 

Dr Marie-Line Barbet

Suozzi K et coll. : Cutaneous photo protection : a review of the current status and evolving strategies. Yale Journal of Biology and Medicine. 2020, 93(1):55-67

 


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