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Actualité scientifique

L’immunothérapie contre le mélanome suscite l’espoir au Congrès de l'ASCO 2014

 Juillet 2014- Selon l’institut national du cancer 9 780 nouveaux cas de mélanome ont été diagnostiqués en France en 2011 et 1 620 patients ont succombé à cette maladie.  En effet, alors que, lorsque les mélanomes sont diagnostiqués à un stade précoce, l’intervention chirurgicale peut suffire à guérir ce cancer, il n’en n’est pas de même en cas de stade avancé, c'est-à-dire lorsqu’il y a des métastases. D’autres traitements sont alors nécessaires mais jusqu’à il y a peu, aucune des solutions proposées n’apportait des résultats satisfaisants. Cependant, en quelques années, la recherche a fait des progrès considérables aboutissant à la mise au point de nouvelles molécules qui ont permis de faire nettement reculer la mortalité de ces mélanomes à un stade avancé. Certains de ces nouveaux traitements s’inscrivent dans une stratégie qui consiste à stimuler le système immunitaire pour le rendre capable de combattre les cellules tumorales : c’est l’immunothérapie.

Les résultats de 3 essais présentés au cours du dernier congrès de la société américaine de cancérologie (American Society of Clinical Oncology, ASCO) qui s’est tenu du 30 mai au 3 juin dernier à Chicago illustrent bien ces avancées.


Un essai conduit en France

Le premier essai, mené à l’institut Gustave Roussy de Villejuif a concerné 951 patients, tous atteints d’un mélanome au stade avancé (mélanome de stade III avec des métastases au niveau des ganglions) mais ayant pu être retiré chirurgicalement. Certains ont reçu un traitement par ipilimumab (Yervoy®) et d’autres un placebo. L’ipilimumab est un anticorps monoclonal qui bloque une molécule (CTLA4), exprimée à la surface des lymphocytes qui empêche ces derniers de proliférer et de s’introduire parmi les cellules tumorales et de les tuer. Il a été constaté  une diminution de 25 % du risque de récidive à 3 ans chez les malades traités par ipilimumab par rapport à ceux recevant le placebo avec 46,5 % des patients n’ayant pas de récidive dans le groupe traité par ipilimumab contre 34,8 % dans le groupe placebo. Cependant les effets secondaires de ce traitement ont été importants avec 5 décès liés au traitement actif et la nécessité d’arrêter le traitement pour 52 malades.

Le traitement par ipilimumab n’est actuellement autorisé aux Etats Unis qu’en cas de mélanome de stade avancé inopérable. C’est la première fois que l’on démontre son efficacité dans la prévention des rechutes des mélanomes de stade III opérés. Pour le professeur Alexander Eggermont, directeur général du centre du cancer Gustave Roussy à Paris qui a dirigé cette étude, ces résultats sont prometteurs et indiquent la possibilité d’un traitement plus précoce dans l’évolution de ce cancer.


Un autre médicament prometteur

Une deuxième étude, menée à Los Angeles, a testé le lamprolizumab (MK-3475), dont le mode d’action est un peu différent de celui de l’iplimumab puisqu’il s’agit d’un anticorps dirigé contre au autre récepteur (Program death receptor PD-1). Quatre cent onze malades atteints d’un mélanome au stade avancé et dont certains avaient déjà été traités par ipilimumab ont reçu cette molécule. Le taux de réponse global est de 40 % et ne diffère pas significativement qu’il y ait eu ou non traitement par ipilimumab auparavant. Ces réponses sont durables pour 91 % des patients. Des effets secondaires « acceptables » ont été constatés  chez 12 % des malades.


Une association thérapeutique

Dans un troisième essai clinique, 94 malades ayant un mélanome inopérable, ont été traités par l’administration combinée d’ipilimumab et d’un autre anticorps monoclonal, le nivolumab. Trois ans et demi après, la moitié des patients étaient encore en vie ce qui est considérable puisqu’auparavant, seuls 20 à 25 % de ces malades survivaient à deux ans. Malheureusement près de deux tiers des patients ont été victimes d’effets secondaires graves…


Quoi qu’il en soit, les résultats de ces différents essais suscitent beaucoup d’espoir pour les médecins et leurs patients atteints d’un mélanome métastasé, situation qui, il y a quelques années encore, échappait le plus souvent à toute prise en charge.


Dr Marie-Line Barbet

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