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Actualité scientifique

Pembrolizumab versus Ipilimumab dans le mélanome avancé

Résumé de l’article scientifique publié le 19 avril 2015 dans "The NEW ENGLAND JOURNAL of MEDICINE: Pembrolizumab versus Ipilimumab in Advanced Melanoma"

(Pembrolizumab versus Ipilimumab dans le mélanome avancé)

Caroline Robert, M.D, PhD et all


Introduction

Récemment, 2 stratégies thérapeutiques ont amélioré la survie de patients présentant un mélanome avancé : l’immunothérapie avec des inhibiteurs de point de contrôle et des thérapies ciblées bloquant BRAF et MEK.

L’ipilimumab, qui bloque la cytotoxique proteine 4 associée au lymphocyte T (CTLA-4), une molécule  co-inhibitrice du système immunitaire, est approuvé dans le traitement des mélanomes avancés sur la base des bénéfices de survie. Toutefois des évènements indésirables de grade 3 et 4, principalement immunitaire dépendants, ont été observés chez 23% des patients.

Quand des cellules T activées atteignent des tumeurs, elles peuvent être inactivées fonctionnellement par l’engagement de mort programmée cellulaire 1 (PD-1) par l’intermédiaire de son ligand PD-L1, qui est exprimé dans les tissus périphériques et les cancers.

L’ipilimumab, inhibiteur du point de contrôle immunitaire, est le traitement standard pour les patients ayant un mélanome avancé. Pembrolizumab inhibe le point de contrôle immunitaire de mort cellulaire programmée 1 et présente une activité anti-tumorale chez des patients ayant un mélanome avancé.


Méthodes

Dans cette étude contrôlée, randomisée de phase 3, 834 patients présentant un mélanome avancé ont été également répartis en 3 groupes : ils ont reçu soit pembrolizumab (à une dose de 10 mg par kilogramme de poids corporel) toutes les 2 semaines ou toutes les 3 semaines soit 4 doses d’ipilimumab (à 3 mg par kilo) toutes les 3 semaines. Les objectifs principaux de cette étude étaient  l’absence de progression et la survie globale.


Résultats

Après 6 mois, les taux estimés de survie sans progression étaient de 47,3% avec le pembrolizumab administré toutes les 2 semaines versus 46,4% toutes les 3 semaines, et 26,5% avec l’ipilimumab. Après 12 mois, les taux estimés de survie étaient de 74,1%, 68,4%, et 58,2% respectivement. Le taux de réponse était amélioré avec le pembrolizumab administré toutes les 2 semaines (33,7%) et toutes les 3 semaines (32,9%) comparé à l’ipilimumab (11,9%) (différence significative pour les 2 comparaisons : P<0,001).  L’efficacité était similaire entre les 2 groupes pembrolizumab. Les taux d’effets secondaires de sévérité de grade 3 à 5  liés au traitement étaient plus bas dans les groupes pembrolizumab (13,3% et 10,1%) que dans le groupe ipilimumab (19,9%).


Conclusions

L’anticorps anti PD-1 pembrolizumab a prolongé la survie sans progression et la survie globale et a présenté une moindre toxicité de niveau élevé comparé à l’ipilimumab chez des patients présentant un mélanome avancé. Il n’y a pas de différences apparentes de l’efficacité entre les 2 groupes  pembrolizumab testés dans cette étude.

(Financée par Merck Sharp & Dohme; KEYNOTE -006 ClinicalTrials.gov numéro NCT01866319.)

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