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Actualité scientifique

Quel risque d’avoir un nouveau mélanome ?

Mars 2015 - La survenue d’un ou plusieurs nouveaux mélanomes après un premier mélanome concernerait environ 3,5 % à 5,5 % des malades selon des statistiques faites en Suède, pays où tous les cas de cancer sont recensés dans des registres de manière quasi exhaustive. Il paraît important d’identifier, parmi les patients chez lesquels un mélanome a été diagnostiqué, ceux qui sont à haut risque d’en développer d’autres ultérieurement afin de leur proposer une surveillance plus étroite.  

Pour répondre à cet objectif, des dermatologues suédois se sont donc penchés sur les bases de données nationales concernant les cancers enregistrés dans leur pays entre 1958 et 2010. Ils ont ainsi retrouvé 65 429 patients chez lesquels un premier diagnostic de mélanome avait été porté pendant cette période. Ils ont pu constater que pour 4 250 d’entre eux, l’un ou plusieurs des membres de leur famille avait été également victime d’un mélanome et qu’ils étaient en général plus jeunes que les autres quand ils avaient développé leur tumeur (37,6 % avaient moins de 50 ans contre 30,7 % en l’absence d’antécédents familiaux).

Sur l’ensemble des 65 429 patients, 3 578 ont eu un deuxième mélanome, 572, deux autres mélanomes, 143, trois autres mélanomes et 43, quatre autres. Ces nouveaux mélanomes ne sont pas à confondre avec des métastases qui sont des essaimages à distance des cellules tumorales.


Globalement, il apparaît que chaque nouvelle tumeur (que ce soit la première, la seconde, la troisième ou la quatrième) expose à un risque multiplié par deux à trois de développer une nouvelle tumeur (par rapport au risque de premier mélanome auquel est exposée la population générale), qu’il existe ou non des antécédents familiaux. Cependant on note que le risque de deuxième mélanome est plus élevé (multiplié par 4,7), pendant les cinq premières années après la première tumeur pour les patients ayant des antécédents familiaux et dont la première tumeur est survenue alors qu’ils avaient moins de 40 ans. Les patients de moins de 40 ans sans antécédents familiaux sont également exposés à un risque augmenté (multiplié par 5,3) de nouveau mélanome mais « seulement » pendant la première année après le diagnostic.


Ces observations indiquent donc que chaque mélanome est un facteur de risque d’en développer un nouveau. Le jeune âge augmente encore ce risque et sur plusieurs années en cas d’antécédents familiaux ce qui justifie pour ces jeunes malades une surveillance encore plus étroite. Il semble par ailleurs licite de leur proposer un test génétique à la recherche d’une mutation connue pour être impliquée dans les mélanomes malins familiaux.


Dr Marie-Line Barbet

Chen T et coll. : Risk of next melanoma in patients with familial and sporadic melanoma by number of previous melanomas. JAMA Dermatol, 2015; publication avancée en ligne le 11 février. doi: 10.1001/jamadermatol.2014.4777  

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