L'association Vaincre le mélanome

 
 
 

Activités de l'association

Bourse Jeunes Chercheurs sur le mélanome


Résumé du projet de Michaël Cerezo:

Rôle de eIF4F dans la régulation de l'axe PD1/PDL1

Le mélanome est une tumeur fortement agressive et résistante aux traitements. Des progrès importants ont récemment été réalisés avec l’arrivée des thérapies ciblant la voie des MAPK et les immunothérapies anti-CTLA4 et anti-PD1. Cependant seulement 50%  des patients répondent aux thérapies ciblées et les réponses obtenues sont transitoires. En effet on observe dans presque tous les cas le développement de résistances. En ce qui concerne les immunothérapies anti-CTLA4, seulement 14% des patients répondent aux anti-CTLA4 et les effets secondaires sont très importants. De meilleurs résultats ont été observés avec les anti-PD1 mais, avec 30% de patients répondeurs, une meilleure compréhension des mécanismes de régulation de PD1/PDL1 est nécessaire.

Dans ce contexte, notre projet a pour but d’étudier le rôle du complexe d’initiation de la traduction eIF4F dans la régulation de l’axe PD1/PDL1.

Nous avons pu observer que l’inhibition de eIF4F entrainait une inhibition transcriptionnelle de PDL1 dans des cellules de mélanomes. Pour poursuivre ce travail nous souhaitons déterminer quels mécanismes sont impliqués dans cette inhibition. Nous nous intéresserons ensuite au rôle de eIF4F dans la régulation de PD1 dans des lymphocytes. Et enfin, nous confirmerons les résultats que nous aurons obtenus in vivo chez la souris et dans des échantillons de patients.

Ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la régulation de PD1/PDL1 et le rôle de eIF4F dans cette régulation identifiant ainsi une nouvelle voie thérapeutique potentielle pour le traitement du mélanome.

Résumé du projet de Julie Delyon:

PDE4 : cible thérapeutique dans le mélanome

Le mélanome métastatique était un cancer au pronostic sombre dont les avancées scientifiques récentes ont contribué au développement de nouveaux traitements particulièrement efficaces, comme les thérapies ciblées. La résistance aux thérapies ciblées notamment dirigées contre BRAF, qui concerne une majorité des mélanomes, est un enjeu de recherche de premier plan.

La voie de l’AMP cyclique (AMPc) est une des voies de signalisation principale dans les cellules mélanocytaires, impliquée dans la différenciation cellulaire. La phosphodiestérase de type 4 (PDE4), une enzyme qui régule négativement la voie de l’AMPc, est exprimée dans les cellules de mélanome où elle exerce des propriétés pro-tumorales. Dans les mélanomes mutés sur RAS, PDE4 stimule la prolifération cellulaire et joue un rôle clé dans la transformation des mélanocytes par l’oncogène RAS. Dans les mélanomes mutés sur BRAF, PDE4 stimule l’invasion des cellules en interagissant avec la Focal Adhésion Kinase.

Ainsi la PDE4 a des effets protumoraux pléomorphes, et apparait donc comme une cible thérapeutique prometteuse, d’autant plus que des inhibiteurs de PDE4 sont déjà utilisés chez l’homme dans d’autres pathologies comme le psoriasis. Nos résultats préliminaires ont montré que les inhibiteurs de PDE4 entrainent une inhibition de la prolifération et de l’invasion des cellules de mélanome, y compris quand celles-ci sont déjà résistantes aux inhibiteurs de BRAF.

 L’objectif de notre projet de recherche est d’étudier in vivo l’effet des inhibiteurs de PDE4 dans des modèles de xénogreffes chez la souris immunodéprimée, à partir de lignées cellulaires de mélanome et de mélanomes de patients (Patient-Derived Xenograft). Notre hypothèse de travail est que les inhibiteurs de PDE4 pourraient constituer une alternative thérapeutique en cas de résistance aux inhibiteurs de BRAF.

Résumé du projet de Virginie Prod'Homme:

 
Etude des processus d’établissement de la niche métastatique du mélanome dans le ganglion lymphatique. 

Détecté précocement, le mélanome cutané est traité efficacement par résection chirurgicale. Cependant, au stade métastatique le mélanome est résistant aux traitements classiques et cause plus de 80% des décès dus aux cancers de la peau. Malgré les progrès remarquables effectués ces dernières années dans le traitement du mélanome métastatique, plus de la moitié des patients sont en échec thérapeutique ou rechutent suite à l’émergence de résistances. Il est donc crucial d’identifier de nouvelles stratégies pour détecter précocement et cibler le mélanome.

Les ganglions drainant le mélanome cutané primaire sont généralement les premiers sites colonisés par les métastases. Les mécanismes qui rendent ce tissu permissif à l’implantation des métastases sont mal compris mais impliquent des relations complexes entre les cellules malignes et le microenvironnement lymphatique, composé des cellules immunitaires, de cellules stromales comme les Cellules Endothéliales Lymphatiques (CEL) et les Cellules Réticulaires Fibroblastiques (CRF) et de la matrice extracellulaire. Le ganglion lymphatique naïf constitue un environnement hostile au développement tumoral, ce qui implique que des modifications du microenvironnement lymphatique précèdent, et sont nécessaires à l’implantation métastatique dans le ganglion.

Mes objectifs consistent :

(1) à identifier les composants sécrétés par le mélanome primaire cutané qui favorisent la dissémination lymphatique du mélanome et l’implantation métastatique dans le ganglion,

(2) à déterminer les modifications des CEL et des CRF induites par le sécrétome du mélanome et

(3) à étudier le rôle de ces modifications sur la dissémination lymphatique, l’invasion, la prolifération et la survie du mélanome métastatique dans la niche ganglionnaire.

Mes recherches sont menées in vivo, dans des modèles murins, et in vitro, sur des cellules humaines saines et sur des échantillons cliniques issus du service de dermatologie et de la tumorothèque du CHU de Nice.

En comparant par spectrométrie de masse le sécrétome de cellules de mélanome peu et fortement métastatiques, nous avons identifié la protéine matricielle SPARC comme l’un des facteurs associés au mélanome métastatique. SPARC est une protéine impliquée dans le dialogue entre les cellules et leur microenvironnement et son expression est corrélée avec l’agressivité du mélanome. La culture de cellules endothéliales sanguines ou de CEL avec du sécrétome de mélanome déplété ou pas de la protéine SPARC, a ainsi révélé que SPARC augmente la perméabilité des endothéliums sanguin et lymphatique et favorise la

migration trans-endothéliale des cellules tumorales. Les mécanismes moléculaires diffèrent cependant selon l’origine des cellules endothéliales et sont en cours d’étude pour les CEL. Par ailleurs, j’ai observé que le sécrétome de mélanome modifie la prolifération, les  capacités contractiles, ainsi que les cytokines, chimiokines et la matrice extracellulaire sécrétées par les CRF. Cela suggère des conséquences non négligeables sur l’invasion, la prolifération et la survie des cellules de mélanome et des cellules immunitaires dans le ganglion. Mes résultats fonctionnels montrent ainsi une profonde modification de la prolifération et de la résistance thérapeutique des cellules de mélanome au contact de facteurs solubles ou de la matrice sécrétés par des CRF éduqués par le sécrétome de mélanome, ou issus de métastases de patients.

 La suite de mon projet consiste à identifier ces facteurs et à les tester dans des modèles murins pertinents. Mes travaux visent globalement à mieux comprendre le dialogue entre le mélanome et le microenvironnement lymphatique dans les processus métastatiques.

Mes premiers résultats dévoilent (i) le rôle de SPARC dans la dissémination du mélanome via les vaisseaux lymphatiques, (ii) les modifications majeures des CRF induites par le sécrétome du mélanome, et (iii) le rôle des CRF de la niche prémétastatique dans la prolifération et la résistance thérapeutique du mélanome.

Au-delà de leur aspect cognitif sur les processus métastatiques précoces du mélanome, mes travaux ont pour ambition d'identifier de nouveaux biomarqueurs des ganglions métastatiques et de nouvelles pistes thérapeutiques susceptibles de cibler le dialogue entre les cellules tumorales et le microenvironnement lymphatique. L’objectif est de détecter précocement les ganglions métastatiques et de retarder, voire de prévenir, la récidive tumorale et la dissémination métastatique responsable du décès de la majorité des patients.

 


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Les lauréats 2015 sont : Mehdi Khaled, Inserm Unité 1186 à Gustave Roussy de Villejuif pour son projet intitulé "Etude du rôle du récepteur à l'IGF2 dans l'invasion des mélanomes" et Zackie Aktary, Inserm U1021 à l'Institut Curie à Orsay pour son projet intitulé "Activité transcriptionelle différentielle de β-caténine dans les mélanomes NRAS et BRAF"

Résumé du projet de Mehdi Khaled:

"Etude du rôle du récepteur à l’IGF2 dans l’invasion des mélanomes"

Le développement de métastases est un processus complexe mettant en jeu les étapes

suivantes : transition épithélio-mésenchymateuse, invasion des tissus adjacents, intravasation des cellules tumorales dans la circulation sanguine et lymphatique, survie des cellules cancéreuses et transport dans les vaisseaux, extravasation des cellules vers un organe, prolifération et colonisation de l’organe.

Toutes ces étapes nécessitent une coordination des différents événements contrôlés par des gènes spécifiques. Dans les mélanomes, nous avons récemment démontré que l’expression de MITF est inhibée par l’hypoxie et que cette inhibition contrôle le potentiel métastatique du mélanome. Il est donc important de comprendre les mécanismes en aval de ce gène afin d’isoler de nouvelles cibles thérapeutiques.

De façon intéressante, l’expression du gène TRPM1 qui est une cible transcriptionnelle de MITF est inversement corrélée avec le potentiel métastatique du mélanome. Jusqu’à récemment, TRPM1 était considéré comme un suppresseur de tumeurs simplement sur la base de corrélations, mais la fonction de ce gène restait inconnue. Néanmoins, nous avons montré que c’est miR-211 (qui est localisé dans l’intron 6 de TRPM1) et non TRPM1 qui est responsable des propriétés suppressives de tumeurs de ce locus. In vitro, la surexpression de miR-211 et non celle de TRPM1 inhibe drastiquement l’invasion et la mobilité de différents mélanomes.

De plus, nous avons observé que l’expression de MITF et de miR-211 corrèle avec le potentiel invasif des mélanomes en culture. Ces données nous ont permis d’émettre l’hypothèse selon laquelle lorsqu’une tumeur primaire de mélanome croît suffisamment, l’hypoxie va conduire à une inhibition de l’expression de MITF et de miR-211 ce qui va stimuler la mise en place de métastases.

 Afin de découvrir les gènes cibles de miR-211 impliqués dans l’invasion, nous avons utilisé des données publiques pour établir la liste des gènes exprimés dans les mélanomes potentiellement impliqués dans l’invasion. Cette liste fut ensuite soumise à une analyse bioinformatique pour établir une hiérarchie théorique de l’implication de ces gènes dans le développement des métastases.

Cette approche nous a permis d’identifier le récepteur à l’IGF2 comme étant requis pour l’invasion des mélanomes. L’implication de ce gène dans ce processus est inattendue puisque dans d’autre type de cancers, ce gène est considéré comme un suppresseur de tumeurs.

 Le projet proposé a pour but de comprendre comment le récepteur à l’IGF2 régule l’invasion. Nous disséquerons les mécanismes moléculaires mis en jeu. Ceci permettra de poser les bases pour l’identification d’inhibiteurs capables de bloquer spécifiquement la fonction du récepteur impliqué dans l’invasion. L’efficacité de ces molécules sera ensuite testée sur des modèles d’invasion in vitro puis in vivo chez la souris.

Ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes mis en jeu dans le développement de métastases de mélanome.

Résumé du projet de Zackie Aktary:

"Activité transcriptionelle différentielle de β-caténine dans les mélanomes NRAS et BRAF"

Le mélanome cutané malin (CMM) est un cancer agressif de la peau qui est issu des mélanocytes. Ce projet de recherche est concentré sur la caractérisation des protéines de signalisation NRAS, BRAF et β-caténine (bcat) connues pour induire la mélanomagenèse.

Plus spécifiquement, nous évaluerons si les mélanomes bcat-NRAS ont des caractéristiques différentes de celles exprimant bcat-BRAF. Nos résultats préliminaires suggèrent que les tumeurs exprimant de manière constitutive ou non NRAS et bcat sont plus agressives que celles exprimant de manière inductible BRAF et bcat.

Nous formulons l’hypothèse que bcat régule un sous-ensemble différent de gènes dans des cellules de mélanome exprimant NRAS ou BRAF. Nous proposons une série d'expériences pour répondre aux questions suivantes :

  1. Y-a-t‘il une différence dans la formation des mélanomes et l’apparition des métastases entre les souris transgéniques exprimant NRAS et bcat, et celles exprimant BRAF et bcat ?
  1. Quels sont les gènes/miRs différentiellement exprimés entre les mélanomes NRAS-bcat, et BRAF-bcat ?
  1. Sur quelles séquences d'ADN (promoteurs) bcat se lie-t-il ? Y a-t-il des différences/ressemblances du contexte NRAS et BRAF ? Comment bcat interagit-il indirectement avec l’ADN. Quels sont les partenaires transcriptionnels expliquant l’expression différentielle des gènes?

Pour aborder ces questions, nous produirons tout d'abord des lignées de souris transgéniques mélanocyte-spécifique, dont les mutations NRAS, BRAF et bcat seront induites à la naissance. Nous évaluerons l’apparition des mélanomes dans ces souris et l’état clinique de celles-ci. Les analyses de transcriptome et de miRnome seront réalisées sur des ARN isolés de mélanomes primaires et métastatiques à partir des différentes lignées de souris, et des expériences d’immunoprécipitation de chromatine aidera à identifier des séquences d'ADN sur lesquelles bcat et les facteurs de transcription associés se fixent.

Ces expériences seront utiles pour identifier des cibles thérapeutiques et dessiner des molécules qui puissent être éventuellement utilisées dans le traitement de cette terrible maladie.



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Les lauréats 2014 sont Lionel Apetoh, Inserm 866 à Dijon, pour son projet intitulé « Etude des mécanismes cellulaires et moléculaires responsables des propriétés anticancéreuses des cellules T CD4 productrices d'interleukine 9 (Th9) induites en présence d'interleukine 1ß » et Marina Kvaskoff, Inserm U1018 à l'IGR de Villejuif,  pour son projet d'épidémiologie visant à explorer les relations entre les facteurs pigmentaires, l’exposition solaire, les polymorphismes de certains gènes et le risque de mélanome cutané dans une étude cas témoin nichée dans la cohorte prospective française E3N.

Résumé du projet de recherche de Lionel Apetoh:
 « Etude des mécanismes cellulaires et moléculaires responsables des propriétés anticancéreuses des cellules T CD4 productrices d'interleukine 9 (Th9) induites en présence d'interleukine 1ß»

Mots-clés : mélanome, lymphocytes T CD4, thérapie cellulaire, Interleukine-1ß, inflammation

Mon projet de recherche a pour objectif d'établir les bases moléculaires responsables des propriétés anticancéreuses des cellules T CD4 productrices d'interleukine 9 (cellules Th9) induites en présence d'IL-1ß.
Les cellules Th9 ont été mises en évidence en 2008. Elles produisent de fortes quantités d'interleukine 9 et possèdent de fortes propriétés proinflammatoires in vivo. Bien que ces cellules aient été à l'origine identifiées en raison de leur capacité à renforcer des réponses inflammatoires dans des modèles de colite et d'asthme, des travaux récents suggèrent que ces cellules possèdent également de fortes propriétés anticancéreuses dans des modèles murins de mélanome.
Cependant, les mécanismes favorisant la génération de ces cellules restent mal connus à ce jour et la contribution potentielle d'autres cellules du système immunitaire aux effets anticancéreux des Th9 n'a pas été clairement établie. Ainsi, malgré leurs propriétés anticancéreuses, l'absence d'outils permettant de contrôler les fonctions effectrices des cellules Th9 limite leur utilisation potentielle en thérapie cellulaire du mélanome.
Nos données actuelles indiquent que les cellules Th9 présentent des propriétés anticancéreuses renforcées lorsqu'elles sont différenciées en présence d'un facteur proinflammatoire, l'interleukine 1ß, en comparaison avec des cellules Th9 différenciées de façon conventionnelle. Cette activité exceptionnelle suggère que ces cellules Th9 induites en présence d'interleukine 1ß jouent un rôle majeur dans la prévention du développement de cancers. L'interleukine 1ß ne facilite pas simplement la génération de cellules Th9 mais, de manière inattendue, induit un nouveau facteur de transcription dans les cellules Th9 en développement qui va dicter leurs fonctions effectrices et leurs propriétés anticancéreuses.
Pour renforcer le potentiel anticancéreux des cellules Th9, nous allons d'abord décrypter la série d'événements moléculaires qui confèrent des propriétés anticancéreuses aux cellules Th9 induites en présence d'interleukine 1ß puis déterminer leur devenir in vivo et leurs interactions avec d'autres cellules immunitaires effectrices. Ces objectifs seront poursuivis en analysant in vitro et in vivo l'expression génétique des cellules T CD4 différenciées en cellules Th9 en présence d'interleukine 1ß et en utilisant des souris transgéniques.
La découverte des voies de signalisation responsables de l'effet anticancéreux des cellules Th9 induites en présence d'interleukine 1ß permettrait de fournir un outil thérapeutique capable de moduler l'activité biologique des cellules Th9 afin d'envisager leur utilisation en immunothérapie du mélanome.

Résumé du projet de recherche de Marine Kvaskoff :
Ce projet d’épidémiologie vise à explorer les relations entre les facteurs pigmentaires, l’exposition solaire, les polymorphismes de certains gènes et le risque de mélanome cutané dans une étude cas témoin nichée dans la cohorte prospective française E3N.  
E3N (Etude Epidémiologique auprès de femmes de l’Education Nationale) est une grande étude de cohorte prospective portant sur 100 000 femmes françaises affiliées à la Mutuelle Générale de l’Education Nationale, et nées entre 1925 et 1950. Ces femmes sont suivies depuis 1990 par auto questionnaire environ tous les 2-3 ans. Un questionnaire spécifique a été envoyé aux participantes de la cohorte qui avaient déclaré un mélanome (cas) ainsi qu’à 3 femmes indemnes de cancer (témoins), afin de recueillir des données détaillées sur leur exposition aux rayonnements ultraviolets (UV) et leurs facteurs pigmentaires (couleur des yeux, réaction de la peau au soleil, etc.). Un questionnaire a été reçu pour un total de 368 cas de mélanome ainsi que pour 1104 témoins. 
Outre leur nombre de coups de soleil à différents âges, l’utilisation de crème solaire et l’utilisation de solarium, les participantes ont renseigné un journal de lieux de résidence et de vacances tout au long de leur vie, que nous avons lié à une base internationale contenant les doses d’UVA, UVB, UV total et UVE (érythémale) selon la géolocalisation de différents lieux. A partir de ces données, nous avons construit une base de données UV, qui a permis d’appliquer le calcul d’un score UV sur l’ensemble de la population d’étude.
En parallèle, des analyses génétiques ont été réalisées sur la totalité des cas de mélanome pour lesquels un échantillon biologique était disponible, ainsi que chez 2 témoins par cas (total de 700 cas de mélanome et 1400 témoins). L’ADN a été extrait à partir des échantillons biologiques, les variants génétiques des gènes candidats ont été sélectionnés, et le génotypage a été réalisé en même temps sur l’ensemble des 2100 échantillons d’ADN.
Nous réalisons actuellement les analyses statistiques permettant d’étudier
(i) les relations entre le phénotype pigmentaire, l’exposition aux rayonnements ultraviolets et le risque de mélanome ;
(ii) les associations entre l’exposition solaire, le nombre de naevi, et le risque de mélanome cutané selon le site anatomique et le type histologique de la tumeur (permettant de tester l’hypothèse de l’hétérogénéité du mélanome (hypothèse des « mécanismes divergents »)) ;
(iii) les relations entre les polymorphismes de certains gènes et la pigmentation et la propension à développer des naevi ;
et (iv) les associations entre ces polymorphismes et le risque de mélanome.
Les résultats issus de ce projet de recherche permettront d’améliorer les connaissances disponibles en ce qui concerne les relations entre le risque de mélanome et certains facteurs génétiques, et leur interaction avec le phénotype pigmentaire et l’exposition aux rayonnements ultraviolets. Ils permettront de tester et d’affiner l’hypothèse des « mécanismes divergents » pour l’étiologie du mélanome par l’intégration de données génétiques dans le modèle, en testant notamment l’effet des gènes liés aux naevi, ceux liés à la pigmentation ainsi que ceux associés au mélanome dans les récentes études génétiques portant sur l’intégralité du génome.
A terme, les résultats provenant de ce projet contribueront à identifier les polymorphismes génétiques conférant un risque accru de mélanome ainsi que leur interaction avec l’exposition solaire, et pourraient mener à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement de ce cancer.

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Les lauréats 2013 sont Charlée Nardin pour son projet visant à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, en démontrant le rôle d'une molécule peu connue, l'adenylyl cyclase, sur la mutation de la voie des MAP-Kinases dans le mélanome et Ingrid Masse pour son projet de recherche ayant pour but d'identifier de nouveaux acteurs impliqués dans l'évolution maligne des cellules de mélanome cutané, plus précisément l'identification des régulateurs de l'expression de la Tétrapanine 8.


Résumé du projet de Charlée Nardin:

Etude du rôle de l'AMPc et de l'adénylyl cyclase soluble dans la mélanogenèse et sur la voie des MAP-­‐Kinases

Le mélanome est une tumeur cutanée maligne, rare parmi les autres cancers cutanés, à
l’origine d’un fort taux de mortalité et d'une augmentation croissante de son incidence (5 à 10
nouveaux cas/100 000 habitants et par an en France). Tous les ans, 160 000 nouveaux cas de
mélanome sont diagnostiqués dans le monde dont 77000 aux Etats-Unis et environ 9000 en
France. Le pronostic des patients atteints de mélanome métastatique est très sombre. Il s'agit
donc d'un problème de santé public majeur.
Depuis plusieurs années, les équipes de recherche ont fait des avancées considérables en
biologie moléculaire avec la découverte des thérapies ciblées, qui agissent sur une cible
identifiée. Les thérapies ciblées agissant sur la mutation B-raf ont permis d'améliorer la survie
des patients atteints de mélanome de 7 à 13 mois au stade métastatique. Cependant, les
patients développent rapidement une résistance. Il semble donc important d’étudier les voies
de signalisation du mélanome, dans le but de mieux comprendre les mécanismes mis en jeu
afin de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques.
L’AMPc est une molécule régulant la voie des MAP-Kinases. L’adénylyl cyclase soluble
(ACs) est une enzyme productrice d’AMPc. Cette dernière jouerait un rôle dans la
mélanogenèse et sur la voies des MAP-Kinases via son médiateur l’AMPc.
Nous étudierons la survenue de la mutation de la voie des MAP-Kinases en comparant des
lignées de cellules mélanocytaires murines saines ou qui auront une délétion du gène codant
pour l'ACs, afin de prouver que l'ACs régule la voie des MAP-Kinases, et que son inhibition
est corrélée à une augmentation de la survenue de mutations de la voie des MAP-Kinases.
Puis nous étudierons in vitro la formation de tumeur en comparant ces mêmes lignées afin de
prouver que l'ACs régule la prolifération cellulaire, et que son inhibition a un rôle dans la
formation de tumeurs in vitro.
Enfin nous étudierons la formation de tumeur in vivo après injection des différentes lignées
cellulaires à des souris saines.
Ainsi nous démontrerons le rôle de l'ACs dans la formation de tumeur mélanocytaires, grâce à
son médiateur l'AMPc via la voie des MAP-Kinases.
Cette étude apportera des informations préliminaires essentielles avant la réalisation d’études
in vivo. Elle ouvrira de nouvelles perspectives thérapeutiques par l'identification de nouveaux
marqueurs intervenant dans la mélanogenèse via la voie des MAP-kinases. Le mélanome reste
un problème de santé public par son incidence croissante et son pronostic effroyable au stade
métastatique. L'avènement des thérapies ciblées a permis d'améliorer la prise en charge. Il est
donc indispensable que nous concentrions nos efforts dans cette voie de recherche afin de
trouver de nouvelles cibles thérapeutiques, dans le but de transformer le pronostic des patients
atteints de mélanome.

Résumé du projet de Ingrid Masse:

Caractériser les régulateurs de Tspan8 afin de comprendre comment cette protéine participe 
à l’acquisition du potentiel invasif des cellules de mélanome

 

Le mélanome est le cancer de la peau le plus meurtrier en raison de son fort potentiel métastatique 
et de sa résistance aux thérapies conventionnelles.Il résulte de la transformation maligne des
 mélanocytes qui d'abord prolifèrent dans l’épiderme, puis acquièrent la capacité d’envahir le derme
 en franchissant la jonction dermo-­épidermique et de disséminer à distance. A ce jour, les mécanismes
de la régulation de l’invasion dermique restent encore mal définis, faute de modèles expérimentaux 
adéquats. 

Au laboratoire, nous avons reproduit l’étape de franchissement de la jonction dermo-­‐épidermique in vitro en intégrant des cellules de mélanome dans une peau humaine reconstruite et 
avons identifié un nouvel acteur indispensable à l’invasion du mélanome cutané: le gène TSPAN8.
TSPAN8 code une protéine à quatre domaines transmembranaires: la Tétraspanine 8 (Tspan8) 
dont la fonction est encore très peu documentée. Nous avons montré que Tspan8 facilite l’invasion
tumorale en inhibant l’adhérence cellule-matrice dans les cellules de mélanome. 
Pour cela, elle régule différentes voies connues pour leur implication dans la protection contre
l’apoptose et dans la régulation de la prolifération cellulaire. 

Tspan8, responsable de l’apparition du potentiel invasif, est exprimée exclusivement dans les
cellules de mélanomes invasives alors que son expression n’est pas détectable dans les cellules 
de mélanome non invasives ni dans les mélanocytes normaux, tant au niveau de la protéine 
que du transcrit. Ainsi, nous souhaitons identifier les réseaux de régulation qui conduisent à 
l’expression spécifique de cette protéine dans les cellules de mélanome à caractère invasif 
par une technologie innovante et originale: un criblage haut débit combinant l’utilisation de 
siARNs et de puces à cellules. Des expériences préliminaires ont d’ores et déjà permis d’identifier
un activateur et un inhibiteur de Tspan8, dont le rôle dans la régulation de l’expression de Tspan8 
pour l’acquisition du phénotype invasif est en cours de caractérisation.

La réalisation de ce programme de recherche, qui sera mené dans notre équipe de recherche 
(CGphiMC, Lyon), en collaboration étroite avec l’équipe Biomics (CEA, Grenoble) permettra à 
terme de caractériser les régulateurs de Tspan8 afin de comprendre comment cette protéine 
participe à l’acquisition du potentiel invasif des cellules de mélanome.
Ce travail devrait ouvrir un champ de perspectives important quant à l’identification de nouvelles 
stratégies diagnostiques et/ou thérapeutiques potentielles dans l’invasion précoce du mélanome 
cutané.


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Bourses attribuées en 2012:
Les lauréats des 2 bourses de 3000€ attribuées pour 2012 par Vaincre le Mélanome à des jeunes chercheurs ont été récompensés le 19 juin lors de la session consacrée aux mélanomes au congrès Eurocancer à Paris.


Les lauréats de 2012 sont les Dr Romain Fontaine (Inserm Paris) pour son projet sur la dormance du mélanome et identification de cellules souches initiatrices dans le tissu sain péri-tumoral et Dr Arnaud Uguen ( CHRU Brest) pour son projet sur l'intérêt de techniques moléculaires complémentaires comme outil d'aide au diagnostic dans le  cadre des tumeurs mélaniques de Spitz ambiguës.

Résumé du projet présenté par Romain Fontaine:       Identification de cellules souches initiatrices dans le tissu sain péri-tumoral

L’incidence du mélanome a considérablement augmenté en occident, cette tumeur y étant devenue la plus fréquente chez les femmes de 20 - 29 ans. Sa forme métastatique, secondaire à la dissémination dans l’organisme de cellules cancéreuses par voie sanguine ou lymphatique, reste résistante à la plupart des chimiothérapies et à la radiothérapie. Une des questions majeures réside donc dans la compréhension de la dissémination métastatique de cette maladie.

Récemment, des cellules dites « souches initiatrices de tumeurs » ont été isolées à partir de mélanomes. De nombreux auteurs considèrent ces cellules comme responsables de la genèse du mélanome primitif et de ses métastases. Notre hypothèse de travail est que la dissémination métastatique tardive de cette maladie, longtemps après l’exérèse de la tumeur primitive, soit liée au maintien de ces cellules initiatrices à l’état quiescent dans certaines niches. En effet, certains mélanomes peuvent récidiver, et une hypothèse expliquant ces récidives serait que ces cellules très peu nombreuses et ne se multipliant pas initialement aient migré dans le tissu sain environnant précocement.

L’objectif de notre travail est donc de trouver et caractériser ces cellules initiatrices dans le mélanome humain en profitant du fait que la prise en charge du mélanome nécessite le plus souvent une exérèse complémentaire de tissu sain dit péri-tumoral. En effet, lorsqu’un mélanome est diagnostiqué, la prise en charge consensuelle est de retirer celui-ci en totalité ainsi que le tissu sain environnant afin de constituer une marge de sécurité, ce qui permet de réduire le risque de récidive tumorale locale. Nous consacrerons ainsi à notre projet de recherche la fraction de tissu que les anatomo-pathologistes décident de ne pas inclure et de ne pas analyser.

D’un point de vue technique, des malades ayant un mélanome de stade I seront inclus dans l’étude après signature d’un consentement éclairé. Nous utiliserons de nouvelles méthodes sensibles de détection de ces cellules souches initiatrices de mélanomes dans le tissu-sain péri-tumoral, notamment des techniques innovantes par xénotransplantations itératives sur animaux immunodéprimés. Les caractéristiques cellulaires et moléculaires de ces cellules seront ainsi analysées.

Cette étude permettra d’établir, sur un sujet majeur et encore débattu, l’implication de ces cellules initiatrices de tumeurs et dans un second temps ouvrir la perspective de nouvelles prises en charge.

 Résumé du projet présenté par Arnaud Uguen:

Différencier un naevus (bénin) d’un mélanome (malin) constitue une étape cruciale de la prise en charge d’un patient présentant une tumeur mélanique cutanée. C’est au pathologiste qu’il appartient d’établir le diagnostic de bénignité/malignité de la lésion considérée comme suspecte et enlevée par le dermatologue. Ce même pathologiste guidera également l’attitude thérapeutique ultérieure à adopter pour la lésion en fonction de paramètres histopathologiques  tels que l’épaisseur de la lésion et la qualité des marges d’exérèse.

Dans la majorité des cas, des critères microscopiques histopathologiques classiques suffisent au diagnostic de naevus versus mélanome des lésions examinées par le pathologiste. Néanmoins, il persiste un nombre considérable de lésions pour lesquelles les critères classiques de diagnostic sont pris à défaut et où la dichotomie bénin/malin demeure difficile. Cette situation de « tumeur mélanique ambiguë » ou encore de « malignité incertaine » est notamment celle rencontrée dans des lésions présentant un aspect « spitzoïde », par analogie à certains critères morphologiques rappelant ceux du « naevus de Spitz » historiquement décrit sous le terme aujourd’hui  abandonné de « mélanome juvénile de Spitz ». Cette appellation ancienne illustre néanmoins la difficulté qui peut se présenter au pathologiste dans la différenciation des tumeurs d’aspect intermédiaire entre un naevus de Spitz (bénin) et un mélanome « spitzoïde » (malin). Un avis pour diagnostic à un expert en pathologie mélanique est souvent demandé face à ces lésions d’interprétation difficile de façon à essayer d’affiner le diagnostic et à décider de la manière la plus adéquate de prendre en charge les patients, souvent jeunes, présentant ces lésions, souvent épaisses et au potentiel d’agressivité difficile à établir.

Une meilleure connaissance des mécanismes moléculaires impliqués dans le développement des tumeurs mélanique permet l’émergence de nouveaux outils d’aide à la décision diagnostique en pathologie mélanique. La mise en évidence de multiples anomalies chromosomiques, témoins d’un réarrangement anarchique du génome des cellules cancéreuses, plaide pour la nature maligne et donc mélanomateuse d’une lésion. A contrario, une certaine stabilité génomique, témoin de mécanismes de contrôle de la prolifération cellulaire mieux conservés, plaident davantage pour une lésion naevique bénigne. Cette stratégie, validée par des techniques d’hybridation fluorescente in situ (FISH, cf photos ci-jointes) sur des tumeurs non ambigües,  constitue une approche séduisante. Des adaptations restent néanmoins nécessaires pour  accroître les performances de cet outil dans le champ des tumeurs où le besoin d’un tel outil se fait le plus grandement sentir, c’est-à-dire celui des tumeurs mélaniques ambigües.

Le projet présenté et retenu par l’association Vaincre Le Mélanome dans le cadre de l’attribution d’une des premières bourses jeunes chercheurs a pour objectif d’évaluer l’apport des outils moléculaires disponibles à ce jour dans l’aide à la décision diagnostique dans les lésions tumorales mélaniques spitzoïdes ambigües ainsi que de chercher à les améliorer. Cette étude multicentrique entre Brest, Bordeaux et Lyon d’une centaine de tumeurs mettra à contribution les avis de deux pathologistes experts français en pathologie tumorale mélanique (Pr Béatrice Vergier, Hôpital Haut-Lévêque, CHU de Bordeaux et Dr  Arnaud De La Fouchardière, Centre Léon Bérard, Lyon), des techniques d’immunohistochimie (recherchant l’expression ou non de certaines protéines du contrôle du cycle cellulaire),  de FISH commerciales et innovantes , étudiant un nombre limité de segments chromosomiques,  et d’exploration pangénomique (Hybridation Comparative Génomique sur puces à ADN ou « CGH array ») permettant de rechercher des déséquilibres chromosomiques sur l’intégralité du génome d’une lésion tumorale, au-delà des régions étudiées en FISH. La finalité de cette étude est d’être en mesure de proposer un algorithme utilisable en pratique diagnostique hiérarchisant la place des différents outils dans la stratégie diagnostique de ces lésions de bénignité/malignité incertaine et ainsi de pouvoir orienter de façon plus argumentée et justifiée un patient vers une prise en charge réellement adaptée au degré d’agressivité de sa lésion tumorale mélanique.

Arnaud Uguen

Service d’Anatomie Pathologique

Centre Hospitalier Régional Universitaire de Brest.

 

Exemples de résultats d’hybridation fluorescente in situ avec la sonde commercialisée par Abbott Molecular ®. Chaque couleur correspond à un « locus » chromosomique différent. Une cellule sans déséquilibre chromosomique comporte deux copies de chaque locus comme sur la photo 1 correspondant à un noyau de cellule de naevus. A contrario , le noyau de la photo 2 correspond à un noyau de cellule de mélanome et présente un gain important de copies du locus de CCND1  sur le chromosome 11(spots verts) et un gain de copies de RREB1 sur le chromosome 6 (spots rouges) par rapport au locus de MYB également sur le chromosome 6 (spots jaunes) et au centromère du chromosome 6 (spots bleus).

 
article modifié le 10 octobre 2016

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